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À propos

Je suis ingénieure de l’eau et de l’assainissement. En 2017, j’ai fondé Waterleaf à Dakar, et je dirige l’entreprise depuis.

Khadija Sall au pupitre, lors d’une intervention

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Une formation d’ingénieure

J’ai été formée à l’École polytechnique d’ingénierie de Montpellier. À Paris, au SIAAP, l’un des principaux acteurs européens de l’assainissement, j’ai contribué à la rédaction d’un manuel d’autosurveillance.

En 2017, j’ai été lauréate de la Mandela Washington Fellowship.

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Waterleaf, de l’étude à l’entretien

La même année, j’ai fondé Waterleaf à Dakar. L’entreprise construit des réseaux d’eau potable et d’assainissement, des stations de pompage, des routes et des bâtiments, pour des clients publics et privés. Waterleaf suit chaque ouvrage de la conception à la réalisation, puis en assure l’entretien et le suivi environnemental.

Pour l’industrie et les chantiers, Waterleaf installe des stations compactes de traitement des eaux usées, livrées en conteneur.

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Classou Dibor, une salle de classe en quinze jours

SOKKEL, la filiale de Waterleaf spécialisée dans la construction modulaire, développe avec le cabinet Lamtoro Architecture Classou Dibor, une salle de classe préfabriquée pensée pour remplacer les abris provisoires des écoles. La salle est conçue, produite et assemblée au Sénégal en quinze jours.

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Ce que j’ai dit à Kigali

En août 2026, j’ai participé à Kigali à un symposium sur l’eau et l’assainissement en Afrique, qui réunissait des institutions africaines de l’eau et de grands bailleurs de fonds.

J’en suis revenue avec un constat. Malgré l’importance des financements mobilisés pour l’eau et l’assainissement en Afrique, les entreprises africaines restent largement absentes des mécanismes qui fixent les priorités et déterminent l’accès aux marchés.

« Le continent ne donne pas au secteur privé africain les moyens de peser. Nous sommes présents dans l’exécution, mais absents des enceintes qui décident. »

L’un des principaux obstacles tient à la conception des appels d’offres internationaux. Leurs exigences de références, de capacité financière et de taille correspondent souvent aux moyens des grands groupes internationaux. Les entreprises africaines se retrouvent alors en sous-traitance : elles réalisent une part importante des projets sans en être titulaires. Elles accumulent donc peu de références, et une partie de la valeur créée quitte le continent.

« À la fin de la journée, ce sont les entreprises africaines qui exécutent les travaux. La question, c’est pourquoi on ne leur permet pas de les gagner. »

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Le contenu local, appliqué à l’eau

Plusieurs pays africains ont introduit des mécanismes de contenu local pour faire participer leurs entreprises nationales à l’exploitation des ressources naturelles. Je propose d’appliquer ce principe à l’eau et à l’assainissement : réserver des marchés aux entreprises africaines, et les aider à monter en compétences, à se financer, à se professionnaliser et à grandir à l’échelle régionale.

« Ce que fait le code minier depuis des années dans plusieurs pays africains, nous pouvons le faire pour l’eau et l’assainissement. Le contenu local n’est pas une utopie, c’est un précédent. »

Reste la confiance entre les États, les bailleurs, les institutions financières et les entreprises.

« À cause de la défaillance d’une entreprise, c’est l’image de tout le secteur privé africain qui est entachée. Il nous faut un cadre commun pour distinguer les acteurs sérieux. »

Des mécanismes de certification et d’harmonisation des normes peuvent l’instaurer. J’y travaille dans deux comités de normalisation, l’un à la CEDEAO, l’autre à l’Association sénégalaise de normalisation.

2027

Pour ses dix ans, en 2027, Waterleaf poursuit son développement au Sénégal et prépare son expansion dans la sous-région.

Citations tirées de mon entretien avec Les Africaines, publié le 27 août 2026 ↗

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